Entretien avec Hook ou le style Hard/Blues

 

Depuis combien de temps ce groupe existe-t-il ? Et d’où tient-il son nom ? 

Le groupe existe depuis 2013 ou 2014 (ça dépend si on parle du groupe ou des débuts sur scène). Le trio, tel qu’il est, formait déjà un groupe depuis 2012, cela s’appelait « les Débranchés », c’était un groupe complètement acoustique  qui faisait du Blues, du country and western, quelques chansons françaises et des sketchs, il était destiné à l’animation de rue. Ce groupe a beaucoup joué et nous a soudé, nous gardons dans notre répertoire plusieurs morceaux de cette époque qui n’ont pas vraiment changé. La rue c’est épuisant et nous avons décidé de changer. Nous sommes passés à l’électricité et même pas qu’un peu sur certains morceaux. Hook est une abréviation du nom de John Lee Hooker un des pionniers du blues électrique au style à part, très simple et basé sur le rythme, comme nous finalement.

 

Philip, tu montais déjà sur scène en 1965 avec du blues pour finalement arriver en 2016 avec du Hard/Blues. Tes deux acolytes partageaient aussi ce besoin de changement ou tu leur as fait aimer ?

Renaud Paillet qui est le plus jeune connaissait bien le Blues pour en avoir écouté et en avoir joué, en particulier avec Ben Toury, mon fils, avec lequel il a fait de grosses scènes, et avec mon frère Jeff Willowrun. Il a également joué avec moi dans « Lowdown » en 2006, puis dans les Débranchés à partir de 2008. Son désir avec Hook était de reprendre la basse électrique où il excelle car il était depuis des années condamné à la contrebasse, cependant certains morceaux de Hook utilisent toujours la contrebasse. Pour Alan, c’était différent, c’était avant tout un percussionniste qui jouait dans la mouvance trad même s’il a aussi joué dans un groupe rock (Vodka Mitch) ou dans Apsara avec Renaud. Le Blues, il l’aborde par les morceaux des Débranchés puis par les répétitions de Hook, c’est pour ça que la batterie est parfois plus rock que Blues, mais ça n’a pas beaucoup d’importance, au contraire ça crée du Hard blues.

 

J’ai cru comprendre que vous aviez chacun d’autres projets musicaux en parallèle, pouvez vous nous en dire plus ? Et surtout si cela est compliqué de combiner les deux ?

Alan essaie de vivre de la musique, il travaille comme technicien pour les spectacles de l’abbaye de Noirlac et éventuellement ailleurs, il est le batteur du groupe Synapz et le percussioniste de la version acoustique de Spirit & Co. Renaud veut devenir professeur de contrebasse et travaille beaucoup dans ce sens au conservatoire, il joue également dans le groupe chanson française « La Pépée ». Pour l’instant, nous avons réussi à harmoniser tout ça mais bien sûr ça peut poser des problèmes pour une date ou deux et surtout pour l’avenir selon la réussite des projets de l’un ou de l’autre.

 

On vous à vu récemment au printemps de Bourges, comment avez-vous ressenti cette expérience ?  Avez-vous un artiste avec qui vous auriez aimé partager un morceau ou que vous appréciez particulièrement ?

C’était nouveau pour Alan, Renaud l’avait déjà fait 2 fois avec la Pépée et moi 5 ou 6 fois avec mon fils dans les années 90. Rien n’a beaucoup changé si ce n’est que le festival et le nombre de festivaliers me semble avoir réduit. L’enjeu est de jouer devant un public venu de partout pour écouter de la musique et en particulier qui s’est déterminé sur le programme, même si certains viennent par rapport au lieu et d’autres par hasard. Pour accrocher un public et en maintenir un bon nombre tout au long d’un concert l’après-midi il faut passer un cran au-dessus d’un groupe quelconque, il faut qu’il y ait un style, une énergie. Ce concert a été une vraie réussite mais nous avons, tous les trois, donné le maximum. Très bon souvenir. Renaud et Alan aurait sûrement aimé jouer avec General Electriks, pour ma part je suis plus réservé par rapport à ce groupe.

 

"La rue c’est épuisant et nous avons décidé de changer. Nous sommes passés à l’électricité et même pas qu’un peu sur certains morceaux"

 

 

De manière générale comment appréhendez-vous un concert ou un festival ? Plutôt comme un défi pour faire encore découvrir le Hard/Blues ou autrement ?

On aborde tous les concerts avec sérieux avec un répertoire qui nous parait adapté à la circonstance et que nous travaillons. Ce n’est pas vraiment un défi mais on ne prend rien à la légère. Faire découvrir le « hard blues », non ce n’est pas mon but, le but c’est de plaire à un public large qui, même s’il ne sait pas quel style nous jouons, s’enthousiasme pour notre concert.

 

Le « Hard /Blues » ca c’est un style pas commun ! On sait que vous avez puisé vos inspirations à travers les vagues Blues, Rock et Punk mais de qui en particulier ? 

Bien sûr il y a John Lee Hooker, Muddy Waters, Sonny Terry et d’autres vieux noirs américains qui sont morts maintenant mais que j’ai pu voir en scène de leur vivant, il y a aussi les « blancs » : Rory Galagher, Johnny Winter, George Thorogood et d’autres qui sonnaient Blues-Rock et bien sûr les Rolling Stones des débuts (leur nom est le titre d’un morceau de Muddy Waters), les Animals avec Eric Burdon. J’ai également joué du rock Alternatif dans un groupe qui s’appelait Défonce d’Entrée, sur des rythmiques carrément punk, je jouais en accordage de Blues. C’est quelque chose de très spécial et qui donne encore aujourd’hui une partie du caractère de Hook.

 

Un nouvel album vient de voir le jour récemment que pouvez vous en dire ?

Ce second album est la suite du premier car nous jouions déjà en scène la majorité des morceaux. Cependant il s’intitule « Back to the roots » car il y a plus de blues des origines que sur le premier. Il sonne moins rock.

  

Vous avez quelques guests sur ce dernier album, cela était il une évidence ou l’idée est née au fil de la création de l’album ? 

Il n’y a que deux guests stars sur l’album : Jeff Willowrun et Ben Toury. Le but était d’utiliser leurs compétences mais aussi de gagner du temps en enregistrant avec eux 4 morceaux en 2 fois à une période où Alan et Renaud n’étaient pas disponibles, c’étaient également pour 2 des morceaux (ceux de John Lee Hooker) un problème de style qui convenait mieux aux guests. Les deux morceaux où je joue seul avec Ben Toury sont d’une part une création uniquement pour le CD que nous ne jouons pas en scène et d’autre part une version simplifiée d’un classique du blues. Après ces enregistrements nous avons pu avoir un créneau pour enregistrer en plusieurs séances les 6 morceaux restants avec le trio officiel. 6+4 = 10 le disque était fini. Il restait encore beaucoup de travail : mixage, mastering, graphisme, fabrication.

 

Que peut-on vous souhaiter pour l’avenir ? 

Pour l’avenir il faut souhaiter que nous trouvions des concerts, un groupe qui ne joue pas en scène finit rapidement d’exister. Il faut aussi souhaiter une certaine stabilité dans les situations de Renaud et Alan. Bien sûr le groupe peut aussi continuer avec d’autres et sous une autre forme (duo, quartet…) ou disparaître ; ce serait dommage car je pense déjà au 3ème CD !

  


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